Vagues à lames…

Paris, Picpus 48.8434039, 2.4019064
5 mai 2023-2
photo-of-sea-waves-under-cloudy-sky-1671627

– Y’a eu plusieurs vagues…

Au début du confinement, en 2020, ça jouait perso. T’accusais le coup : ton appart, ta maison, ton couple, tes mômes, ton taf, tes économies, avec de la chance… Tous tes choix de vie qui remontent, tu fais le bilan.
La claque.

Puis tu reprends conscience du collectif : ta famille, tes amis, tes voisins – ça va vous ? – la société, l’Etat, le monde, tous les autres là… Attends, je te le refais. Ça donnait à peu près ça au réveil : « Flash info France Inter il est 7 heure. Bonjour à tous, aujourd’hui plus de la moitié de la population mondiale est confinée, les États des plus grands pays du monde ont décidé de fermer les… ». Cafés, cinés, écoles, usines…
Le vertige.

Ça tourne, ça roule, ça cingle, et au bout de quelques semaines ça décante. A l’époque, on s’est tous mis à questionner la situation. Est-ce qu’on aurait pu éviter ça ? Est-ce qu’on était obligés d’en arriver là ? Et les autres, comment ils gèrent ? Et nous, comment on va gérer, après ? Et… moi ? Faut se remettre dans le contexte. Du jour au lendemain, on avait tout arrêté pour une « petite grippe ». On était tous sortis du taf un vendredi soir, avec notre bureau sous le bras, pour plus y remettre les pieds pendant des lustres. En quelques semaines, y’avait des centaines de milliers de morts dans le monde. On s’est retrouvés chez nous, en cercle fermé, avec à peine un taf à ronger, à écouter des mecs et des nanas nous parler de la vie qu’on avait plus, nous dire qu’il allait falloir se relever les manches pour relancer la machine. Sur fond de fausses excuses sur le fait que les mecs et les nanas – les mêmes – n’avaient pas bien mesuré le truc de la pandémie et avaient oublié de commander des masques. Ça nous a fait un choc.
La nausée.

Le malaise, c’était l’ensemble qui chancelait : la santé qui se prenait une claque comme jamais. C’était à l’abandon depuis des lustres. C’était pire ailleurs… La police qui s’embourbait dans la violence depuis plusieurs mois déjà. Les enseignants qui se retrouvaient à acheter du matos eux même tellement y’avait plus rien… C’est tout le régalien qui s’effondrait : santé, éducation, sécurité, justice… Ça s’égraine tellement bien qu’on pourrait en faire un chapelet.
La fin.

Y’a eu plusieurs vagues…

Après ça, la bourse s’est arrêtée, partout. Vers novembre 2021 toutes les places de marché ont fermé les unes après les autres. Après quelques soubresauts pendant plus d’un an, ça descendait trop pour tout le monde. Ils ont décidé de fermer. C’était pas con l’idée de calmer le jeu, d’arrêter l’hémorragie. C’était sans compter sur la puissance de certaines boites ! Celles qu’on ne voyait pas venir depuis plusieurs décennies malgré leurs gros sabots, les « entreprises du numérique ». À l’époque elles ont entre 22 et 45 piges les « petites nouvelles », pas ce qu’on appelle des premières fraîcheurs non plus ! Mais dans Internet ça compte pas vraiment, elles étaient dans leurs bulles, alors personne n’était trop regardant. Mais quand on s’est tous retrouvés chez nous sans permission de sortir pendant des mois, qu’est-ce qu’on a fait ? On a streamé, maté Netflix, Prime Video, Disney+, faut bien s’occuper. Fait des visios pour le boulot ou avec nos proches… ok : Messenger, WhatsApp ? Hangout, Meet ? Skype, Teams ? Tu vois, ça devient intéressant. Avec quoi tu fais tout ça ? Avec ton tel Apple ou Androïd ou sur ton bon vieux pépère qui tourne sous Windows. C’est qui le régalien là ?
La tourmente.

Finalement après plusieurs vagues de confinement, avec une économie arrêtée, des places boursières fermées et tout le monde au chômage – partiel pour les plus chanceux – on s’est retrouvés avec l’ensemble de la populace occidentale qui zonait entre six boites en gros. Toutes amerloques. Et là mon p’tit chat, ça se complique.
Tout vacille.

Redistribution des rôles.

L’avantage du capitalisme à l’époque c’est qu’avec du fric tu pouvais à peu près tout. Et c’était tellement la merde, et elles, elles étaient tellement à l’aise qu’elles n’ont eu qu’à se pencher pour ramasser. C’était les croisades, les colonies, la conquête de l’Ouest, la guerre de sécession, la seconde guerre mondiale, tout ça réuni. La division du monde à l’échelle des marchés : le plus grand gâteau que la Terre ait jamais compté. Pas de frontières, pas d’océans, seulement des besoins, des services et des clients exsangues, anomiques, affables mais connectés.
Le tournis.

En 2021, Amazon a repris tous les systèmes de livraisons et de logistique du monde, racheté tous les commerces de proximité pour trois thunes. Tu parles, tous les gérants étaient tellement contents de devenir salariés après le bouillon qu’ils s’étaient pris. Dix mois de galères dont quatre de fermetures fermes sur un exercice, quand t’es indé ça te fait réfléchir sur la liberté. Ironie de l’histoire les libraires ont été les premiers à sauter sur les offres… Ils ont aussi pris la gérance et la réorganisation des réseaux de postes délaissés par tous les états occidentaux depuis plusieurs décennies.
Abyssal.

Dès fin 2020, Google a sorti son offre healthcare qui attendait bien planquée sous Alphabet et que, là encore, personne n’avait vu venir. Ils ont mis la main sur tous les systèmes de santé laissés KO par les premiers pics. Ils ont même monté des cliniques d’urgences dans des conteneurs sur le même modèle que leurs fermes de serveurs : transportables, modulables, extensibles. Une merveille à côté des tentes de fortune des hôpitaux militaires. Et va pas croire que ces cliniques d’urgences sont allées qu’en Afrique, le tiers monde c’est partout, y’a des charniers dans Central Parc. Le tiers monde, c’est ici ! Ajoute à ça le rachat de Samsung et la prise de position dominante sur les infrastructures réseau qu’ils travaillaient déjà depuis 10 ans, on partait sur un bon duo de tête!
Déferlante.

Aujourd’hui, Facebook détient l’ensemble des réseaux sociaux comme c’était déjà le cas à l’époque. Ils ont en plus repris tous les systèmes de visio et de stream. Amazon leur a lâché Twitch l’année dernière, ça leur prenait trop de temps. C’est finalement à eux qu’on a confié le développement de l’application de suivi du virus dès décembre 2020. Les états n’ont jamais réussi à faire un truc propre. Ils ont essayé bien sûr mais c’était développé dans l’urgence, mal coordonnés entre eux et l’opinion a eu peur de Big Brother… Bon, Facebook soyons clairs, niveau données, fichage and co c’était déjà la cata mais t’avais 2,5 milliards de gens dessus. C’est allé plus vite, c’était gamifié, ils connaissait tes relations depuis 15 ans… Va pour Big Sister.
Et puis c’est devenu obligatoire.
Le frisson.

Twitter a fait parti de la lutte et à beaucoup aidé à structurer, informer, rigoler et tenir, au début. C’est globalement devenu un chat ouvert. On papote, on s’entraide, on se refile des gifs. Retour aux sources comme on dit.
#soutine

Apple a continué de truster sa sphère et s’est positionné sur une offre plus frugale, les téléphones à mille balles quand plus personne n’a de thune ça marche pas des masses. L’offre de streaming a été répartie entre tous : Amazon a gardé Prime Video, Apple a racheté OCS, Google s’est offert Netflix, et Facebook : Disney.
Terminé.

Attends chaton, c’est pas fini !

Sur le marché de l’automobile, à la « surprise générale », Tesla a raflé l’ensemble de la mise. Tous les constructeurs mondiaux – à l’exception de Toyota qui s’est chargé des japonais et des coréens – tous. T’aurais cru l’industrie de la téléphonie mobile larguée quand Apple a sorti le premier iPhone en 2007. Ha fallait voir !
Le foutoir.

Reprends le contexte : au delà des pertes considérables qu’avait représentées la fermeture des usines sur les constructeurs historiques, y’a eu une dimension éthique et psychologique que personne n’avait anticipée. Ça s’est imposé à nous. Imagine : on a tout arrêté, y’a plus de pollution ou quasi, le ciel a changé de couleur. Ça sent la campagne dans Paris. Au moment de repartir la question de re-polluer s’est posée là. Avec le niveau de conscience qu’on avait tous à l’époque, t’enlèves la routine, tourner la clef dans un engin thermique ça prend une ampleur de dingue. Plus personne n’en voulait. Le deuxième truc qui a joué en faveur de Tesla c’est l’après. Quand tu te retrouves confiné les 98% de ton temps chez toi sans pouvoir sortir de ta kilzone, t’as plus besoin de caisse. Pour les 2% de temps restants, on est limités à une zone de 500km pour les week-end et les vacances, sauf à choper une autorisation dérogatoire : beaucoup de paperasses. Si c’est pour prendre l’avion, ça devient l’enfer. De fait, on reste en général dans les 500km donc plus de problème d’autonomie. Avec ta batterie de 600 bornes : tu roules, t’arrives, tu branches, tu repars. C’est ce qui a sauvé Toyota aussi.
Électrique.

Tu te souviens de l’odeur de l’essence ? Quand t’es gosse, assis à l’arrière de la bagnole, t’ouvres un peu la fenêtre, il fait frais, l’air s’engouffre dans l’habitacle et tu respires cette odeur minérale, entêtante, interdite. Le ronronnement de la route au loin. Tu te rappelles ?
Alcoolique.

J’oublierai jamais…

… Miaouuuu !

– Hey attends, pars pas comme ça !

Y’a eu plusieurs vagues et nous… On a appris à surfer.

dans le blanc…

Paris, 12 arr.
10 avril 2021

pexels-photo-62693

« (…) Cette fois-ci, puis encore une je pense, puis c’en sera fini je pense, de ce monde-là aussi. »

Je perds le fil, c’est comme une infusion, ça se diffuse en moi. Comme un flash qui s’évanouit. Je suis entre deux lignes, dans le blanc, incertain, c’est fin, ça ne tient à rien, un fil. Un rayon de soleil passe sur le mur. Un nuage l’éteint. C’est la fin d’un après-midi de printemps. Un chant d’oiseau, au loin, un éclat de voix ; il n’y a plus une seule voiture. Est-ce cela le bruit blanc de la ville ? Une place nette, immaculée ? La fenêtre entre-ouverte laisse passer un souffle de vent, j’entends le soupir des rideaux qui font bruisser les feuilles du ficus… Il faudrait accrocher le cadre photo des vacances comme on l’a dit ou alors y mettre la petite bibliothèque en bois. Il faudrait acheter du pain pour ce soir. On pourrait prendre un café en terrasse en bas, profiter des derniers rayons de soleil de la journée. Oh oui ! Ah, non… La ville d’avant : le bruit, les gens, le vent, la pluie, le manque. La ville d’avant me manque, comme l’odeur d’un sous bois ou de l’herbe fraîchement coupée, un brin de soleil dans la rosée du matin, un lys chez Mamie. Mamie, qui me disait que même l’océan est blème, amorphe, comme figé lui aussi. On pourrait peut être repeindre, profiter du temps que l’on a. Ça redonnerait du souffle, en couleur ? Là, plus rien, l’apnée : aucune voiture, personne. La ville inodore, impersonnelle, indolore, aoûtienne. Les voitures volantes, c’était un beau projet. Là le seul truc qui vole ce sont les drones : leurs mouvements souples, leurs saccades, leur ballet incessant, leurs reflets argentés dans les rues. La lumière baisse, des rayons éclairent le mur qui se contraste par endroits, on distingue le blanc de l’albâtre et de l’ivoire. Il fait encore jour. Les aspérités d’une vie passée révèlent des petites ombres qui s’ajoutent aux rugosités de la toile de verre peinte. C’est lumineux, lisse, clair-obscur, doux, régulier, un tapis pour les yeux. Étonnant, on dirait un…
vrr-vrr-vrr

[un téléphone vibre sur la table]
vrr-vrr-vrr
—————————————————————————————–
ALERTE HOMEBOT – votre temps d’aération arrive à
échéance pour aujourd’hui. Pensez à fermer les fenêtres
du salon et de la salle de bain.
RESPECTEZ LES RÈGLES DE SÉCURITÉ DU LOCKDOWN.
Pour plus d’informations consultez http://ernement.gouv.fr
——————————————————————————————-

J’étais en train de lire, je crois. Dans ce monde là.
Celui qui se termine ? Peut-être…
J’étais entrain de lire, et je crois que je n’avais jamais regardé ce mur aussi longtemps.

Aux confins d’un espace.

Paris, Picpus kz-48.8434039, 2.4019064
6 mars 2023

milky-way-1023340_1920

Il y a eu trois confinements après celui du printemps 2020 : l’hiver de la même année, l’été suivant, puis au printemps 2022. Après ça ils ont décidé le « lockdown » et ne nous ont plus laissé sortir de notre zone.

Sortir, on en rêvait tous mais on en avait déjà plus trop l’occasion depuis l’été 2021. On avait tous pris le plis et mis en place des parades à l’enfermement pour ne pas devenir complètement dingues. Après c’est devenu la routine. On s’est organisé sur les réseaux sociaux d’abord, pour partager des photos depuis nos fenêtres, nos jardins, nos balcons et puis faire des vidéos de nos sorties pour échanger un peu nos horizons. J’ai visité pas mal de villes comme ça de fenêtre en fenêtre et papoté avec des gens. Y’a eu les applaudissements aussi, les « questions pour un balcon ». C’était marrant pendant le covid-19 mais après… Ah si, on a quand même eu un retour de bataille navale à l’été 2021 pour le covid-21, sans doute les beaux jours. Bon, ça te détend 5 minutes mais ça vaut pas une partie de Qui-est-ce avec une bière et un voisin ou un tarot entre potes, ou même un simple moment en terrasse, ça non.

L’avantage de la zone kilométrique – la « kilzone » comme on dit – c’est qu’elle est personnelle alors t’as pas le même kilomètre que ton voisin tu vois. On ne se marche pas dessus. Mais voyager à proprement parler, je veux dire sortir de mon périmètre, non, je l’ai plus trop fait après l’été 2020. Faut dire qu’on y était plus trop encouragé. Les aéroports on mis plusieurs mois à ré-ouvrir. Et puis prendre l’avion est devenu un vrai calvaire. En plus des contrôles de sécu qui étaient déjà chiants à l’époque, maintenant on te scrute, on te teste, ça prend des plombes, toutes tes fringues, ta valise, tirez la langue Monsieur. Tout ça pour voyager avec un masque et des gants pendant tout le trajet et se refaire le même cirque à l’atterrissage. Quand l’aéroport est ouvert à l’arrivée ! Parce que des fois ils ferment pendant que t’es en vol : principe de précaution. Tu te retrouves confiné à l’autre bout avec tes gants, ton masque, ton jetlag. T’as pas une thune et tu te retrouves à tourner en rond à suivre des flèches dans un aéroport, sans but. A gober des rations de vol sur un banc, t’as même pas ta valise pour te brosser les dents… Après je dis pas des fois y’a des jolies vues. J’ai fait 3 jours à l’aéroport de Reykjavík de là t’as l’impression d’être sur la Lune… mais t’as une haleine de cheval !

Et puis faut reconnaître, arrêter tout, ça avait donné de l’air au sens propre. Ça a tout cleané direct. Finie la pollution en moins de deux. Les mecs de l’ISS nous faisaient coucou tellement on y voyait clair ! Plus personne dans les rues. En trois jours t’avait des canards dans paris, t’imagines ? Ça change des moutons, ah ! Alors c’était la chose à faire de moins sortir, moins voyager. Au fond on le savait. Fallait forcer un peu, c’est tout.

Mais rester dans ta kilzone… des fois tu t’engonces. Ce matin je suis allé chercher le guide géotouristique que j’ai commandé en ligne. En entrant ta géoloc’ de référence, ça te calcule des lieux. Ça prends en compte ton profil à partir de tes déplacements d’avant, tes goûts, et ça t’envoie des adresses faites pour toi dans tes 3 bornes carrés, sympa ! Ça change un peu quoi. T’as aussi des rando urbaines qui se sont ouvertes. Au début c’est les mecs qui faisaient du parkour qu’ont lâché leurs traces sur le net. Ça nous a donné de l’air en 2021. On les a remercié t’imagines même pas. Maintenant c’est institutionnalisé, ils ont ouvert des traces balisées parce que les gens avaient besoin d’exercice. On fait tous du sport chez nous depuis 2020 c’est devenu une habitude. Y’a même un mec qu’a fait un marathon sur son balcon ! T’imagines 6m de balcon, le gars a fait plus de 3500 aller/retours, c’est devenu une icône du confinement.

Dans le bouquin, ils te filent des tips pour te sortir la tête aussi. Des points d’accroches mentaux pour que tu essayes de penser à autre chose quand tu te rends dans un endroit que tu connais déjà par cœur. « Passez rue de Toul pensez aux derniers concerts que vous êtes allé voir et passez vous un peu de musique ; Tool à sorti un dernier album en 2019 que vous avez peu écouté. » C’est parce que je l’aime pas trop mais bon c’est sympa d’y penser ! Petit jeu sur les mots au passage, faut aimer. « Prenez ensuite la rue Sidi-Brahim et rappelez vous votre voyage en Tunisie en 2017. » Bon Sidi-Brahim c’est en Algérie mais ils s’en foutent, c’est approximatif, pour te donner des idées. Paraît que ça en aide certains.

Les jeunes font de la vue VR, ils se baladent dans la rue avec leurs casques et des sensors qui t’envoies loin d’ici… y’a des références à la fin du guide, un QR code et tu t’envoles. Je raffole pas de ça. C’est pas bon de déconnecter comme ça alors que t’es engoncé dans tes 3,14 km²… Très peu pour moi. T’as plus rien de réel à quoi te raccrocher après, t’imagines pas la descente. C’est un coup à devenir maboule.

Non moi je fais du tourisme linguistique, je papote en espagnol avec le voisin du deuxième depuis 2020, on s’est rencontré dans le jardin de l’immeuble avec les gamins. Quand je rentre du marché le dimanche matin je sonne chez lui. On échange trois mots en espagnol via l’interphone, je lui dis que j’ai oublié mes clefs et il fait mine de me dépanner et il m’ouvre. On s’occupe. Des fois je passe prendre un café on papote. Quand je croise des linguotouristes – c’est des expats qui sont restés coincés ici soit par choix soit parce qu’ils ont pas réussi à prendre les derniers avions pour rentrer au pays – dans la rue je leur demande de me dire des trucs dans leur langue. Ça me fait voyager. C’est ce que je préférais quand je voyageais : me poser dans un café et écouter parler les gens sans essayer de comprendre. Tu bites rien, ça chante tout seul. T’écoutes la vie des autres défiler sans avoir aucune prise. Là tu voyages.

Dans le guide ils conseillent aussi d’investir dans des meubles modulaires et de pratiquer la « desynchronisation spatiale ». C’est un nouveau truc qui te permet de te faire perdre tes repères spatiaux chez toi. Tu changes les meubles de pièces et leurs fonctions. Ici tu vois par exemple on pourrait inverser le salon et la chambre du gosse. Créer un bureau dans notre chambre et dormir tous les trois dans la même pièce. Pendant 6 mois, le temps de trouver nos marques. Et puis changer à nouveau. Ça te permet de rythmer un peu il parait. Y’a toute une histoire de transfert d’énergie que tu utilisais avant pour planifier des voyages, là tu planifies chez toi. Tu découvres des coins inexplorés de ton appart, tu vas aux confins de ton espace. On le fera peut être. Il recommandent aussi de causer avec nos plantes plus seulement pour qu’elles poussent mieux mais pour notre santé mentale. Tu vois je m’exécute, ça fait passer le temps, non ?

Non dans tout ça, nous, on a eu de la chance de pouvoir aller nous localiser ailleurs, de voir le monde, de pas tout penser dans 3,14 km². C’est pour les jeunes que c’est dur… Et rien que quand je pense au tout petit rien dans lequel on doit composer pour faire « découvrir le monde » au môme, moi, ça me fout la chiale.

J’aurai tellement voulu qu’il voit la Tour Eiffel…

SweetSweat la Startup qui va vous faire suer tout l’été

Cette semaine, nous avons rencontré Enguerrand et Côme, 21 et 22 ans dans une serre de sudation SweetSweat en plein cœur du Sentier. 

stock-photo-water-drops-from-home-condensation-on-a-window-285134579

Ces deux jeunes diplômés de Polytechnique, d’HEC et du MIT ont lancé lundi 19 juin 2017 une Startup qui à littéralement pour vocation de vous faire suer.

Le concept est très simple : « il s’agit de récupérer la sueur des adhérents, de la raffiner, de la conditionner et de l’affréter dans les pays où l’on manque d’eau. » nous explique Côme. Tout le monde peut participer et c’est rémunéré 0,05 centimes le litre. « Un bon moyen de rentabiliser ses heures au bureau, à la fac ou à la salle de sport ! Les premiers à avoir rejoint le mouvement sont naturellement les livreurs de Delivrpartoo* et de Foododora* qui trouvent dans SweetSweat un bon moyen de mettre du beurre dans les épinards sans mauvais jeu de mots », ajoute Enguerrand.

« L’année dernière déjà pendant la canicule on souffrait beaucoup de la chaleur dans les préfas (préfabriqués, NDLR). Et comme nous disait notre prof de strat : « Là où il y a une souffrance, il y a un marché. » Du coup cette année on s’est lancés. »

Non contents de s’être lancé, nos deux acolytes viennent d’ouvrir leur 5ème ferme de sudation à Berlin (après Paris, Lyon, Londres et New York). 10 nouvelles sont à venir dont une à San Francisco d’ici la fin de cette semaine. Tout cela après avoir levé 60 million d’euros en 3 jours auprès de divers fonds d’investissements privés. Après les rumeurs de bulles, ce sont celles de vagues de chaleur qui déferlent sur la FrenchTech cette semaine. La canicule semble en effet accélérer le marché des accélérateurs…

Le B2B et la bourse pour point de mire. 

Le marché du B2B s’ouvre déjà pour nos deux X-HEC-MIT ; Elgaco*, premier fabricant de préfabriqués au monde nous confie être très intéressé par cette Startup qui permettrait de donner un caractère durable à ses installations trop souvent éphémères (même si elles durent parfois de nombreuses années) ; d’envisager de nouveaux modèles économiques relais de rentabilité pour ses clients et d’entrer progressivement sur le marché de l’ESS.

Enguerrand et Côme s’expriment modestement sur leurs perspectives d’avenir « nous sentons le marché porteur en ce moment, nous avons donc mis en stand-by notre MBA à la London School of Economics pour nous lancer à fond. D’après nos premières estimations, nous devrions entrer en bourse sous 10 jours, les prévisions sont très très bonnes ! » s’enthousiasme Enguerrand.

Toute la rédaction sue déjà très fort pour SweetSweat et n’oublie pas qu’en 2017 plus que jamais, il existe vraiment une Startup pour tout.

*les noms ont été modifiés par la rédaction afin de préserver l’anonymat des entreprises citées. 

Crédits photos : https://www.shutterstock.com/

Lassé par Pokémon Go, il telecharge Tinder pour les « attraper tous ».

Un vendredi soir de juillet, nous rencontrons Nathan, 24 ans, devant la pharmacie de la place de la République à Paris, dans la file d’attente pour la remise des Kits Redresseur distribués gratuitement depuis plusieurs heures. Interview.

ob_0832fe_bugs-bunny-blu-ray

« Ça faisait 10 jours que je jouais à Pokémon Go sans discontinuer et que j’avais stoppé toute vie sociale. » Lassitude ou manque de chaleur humaine, le jeune homme ne le dit pas ouvertement mais il nous confie qu’après « une nuit entière à chasser des Pokémon dans Paris et ses environs [Il arrive à certains joueurs de Pokémon Go de passer le périphérique sans s’en rendre compte. NDLR] je suis rentré chez moi et j’ai décidé de décrocher. J’avais mal aux jambes, j’étais déshydraté, fatigué… Je me suis rendu compte que je n’avais pas appelé ma mère depuis 10 jours ! En me réveillant, il était 19h30, je me suis souvenu que parfois, lors de chasses groupées, certains joueurs changeaient d’appli en fin de journée. C’est comme ça que j’en suis venu à télécharger Tinder, et je suis parti pour tous les attraper. »

Dans un élan d’enthousiasme, il nous annonce qu’il est heureux de n’être « que » hétéro « imagine si j’étais bi, ce serait impossible, ça doublerait l’objectif ! Déjà que là après 48h ça commence à brûler pas mal, j’imagine même pas. Au niveau de la recharge aussi c’est difficile… C’est une contrainte qu’on n’avait pas sur Pokémon Go. C’est pour ça qu’on est tous là à attendre plutôt qu’à chasser. J’espère qu’ils ont des pansements à ampoules… » Nous confie non sans une certaine gêne le jeune homme.

C’est la fin de l’entretien, nous regardons Nathan swiper sur son téléphone, il n’a pas arrêté « normal, dès que tu bouges tu as des nouvelles suggestions, tu peux jamais vraiment t’arrêter de swiper mais l’avantage c’est qu’il n’y a pas de question de distance ou de perspective t’as juste à faire un mouvement en 2D. Bon après l’inconvénient c’est la réciprocité, je peux pas sortir mes pokéballs si j’ai pas de match, ça fait un peu bizarre, surtout au début… »

Lorsque nous laissons Nathan, il n’est plus qu’à quelques mètres de recevoir son kit, il tient dans une main son téléphone, dans l’autre ses pokéballs.

Tagué

Trousse à pharmacie anti Bobos – après Femme Actuelle*

A n’emprunter que les routes de campagne type communales à vélo ou à mobylette pour descendre s’isoler dans milieu de la Creuse ou sur le plateau du Larzac, les Bobos sont les grands oubliés de l’été. Mais gare au retour de poncho car dans quelques semaines ce sera la rentrée pour tout le monde…
Comment donc, continuer à garder ses distances avec la faune-de-chanvre urbaine ?

Impossible de les croiser, ils ont passé tout l’été derrière les buissons, lorsque vous marchiez – comme tout le monde – sur les sentiers battus. Car oui, lorsque vient l’été, le Bobo prend le maquis. Et c’est peu dire, il se planque, se claquemure dans un endroit bien désert avec pour seul but de picorer pépère des pommes pleines de vers tout en soignant son empreinte carbone.
Après bientôt 2 mois à vous languir en regardant votre flux Instagram, c’est bientôt à votre tour de partir vous la dorer au soleil.

… On est bien là, hein ?!

Ok. Mais dans quelques semaines ce sera la rentrée. Pour tout le monde. Le grand retour. La « fin des vacances d’été pour tous les français » (je prédis les citations de JP Pernaut maintenant, gaffe !).

Une seule question vous tiraille donc le bidon à cette heure : comment ne pas combler ce vide, comment les éviter encore, toute l’année ? Comment ne pas subir les relents de patchouli ? Comment résister à leur balancer une avoine lorsqu’ils parlent de la misère du monde en clapotant sur leur Mac ? Ou encore, comment ne plus vous laisser tenter par un thé vert authentique qui à couté 3000 paires de pompes Nike à la planète ?

Quelques conseils pour tenir le siège…

Travailler votre « fibre naturelle ».
Le premier signal faible, ce sont les espadrilles portées en dehors de la plage. Je précise signal faible car il est inexploitable indépendamment d’autres signaux. Les vêtements en fibres naturelles sont de vrais bon signaux en général. Mais cela nécessite une bonne préparation.

Comment bien reconnaître un vêtement en fibre naturelle ? C’est assez simple. Pour commencer, il existe trois fibres naturelles vraiment en vogue et qui se distinguent du coton : le chanvre, le bambou et la toile de jute.

– Le chanvre : il peut servir à faire plein de trucs, dont des fringues. En général la fibre est assez grossière et rugueuse au toucher. D’aspect verdâtre elle pourra être teinte de couleurs (trop souvent) criardes : orange, rouge de chine, bleu… Les qualités textiles du chanvre sont surtout reconnues pour les cordages. C’est Colbert, en France, qui s’est soucié le premier de ce coefficient diamètre/charge de rupture. On lui doit une corderie royale capable de confectionner des cordages de plus de 20cm de diamètre et d’une encablure de long. Merci JB !

– Le bambou : là aussi comme le chanvre, les usages sont multiples. On reconnaitra particulièrement le rôle du bambou dans la construction : échafaudages, renforts, etc. impossibles avec le chanvre. Côté textile, le bambou est souvent bien plus agréable que le chanvre, plus doux, plus soyeux. Ca peut être franchement pas mal quand c’est bien fait mais c’est rare.

A la différence du Chanvre, on ne pourra toutefois pas se fumer la manche un jour de grande dèche !

– La toile de jute : recommandée dans la conception de sacs ou de filets qui seront parfaits pour aller faire les courses, ranger les patates, sortir des gravats, etc. Attention, ça gratte plus que la laine ! La jute est aussi le textile bio le plus précaire car elle bénéficie depuis 2002 d’un comité de soutien international, le « Groupe d’étude international du jute » chargé de la promo du bordel. Ca claque tout de même un brin.

On sera donc vigilant sur 5 aspects : la douceur, la grosseur de la maille, la résistance et la teinte.

Distinguer le patchouli de l’odeur de marijuana (c’est parfois lié mais pas systématiquement).
Je m’en remet à la définition de Wikipédia : « le patchouli possède une odeur puissante, à la fois boisée, terreuse et sèche avec des accents fumés, camphrés, liquoreux et même moisis. » Edifiant.

Eviter certains sujets ou les utiliser pour recouper l’info.
– Le port du bébé : On le sait, on dispose aujourd’hui de tout un tas d’accessoires qui servent aussi de signes extérieurs de richesse à tout parent urbain. On pourra donc dès son plus jeune âge, acheter un coupé-cabriolet-4×4 avec double frein à disque en fonte à notre progéniture pour se la péter (et se péter le dos) dans le métro. A cela, le bobo rétorque fièrement un NON vindicatif et se pare de sa plus belle étole en fibre naturelle pour porter son bébé à l’africaine, savamment attaché dans le dos. L’équivalent capillaire du rasta blanc…

– le recyclage des déchets : si vous êtes dans un dîner urbain et que l’on commence à vous parler lombrics et compost, vous êtes surement en présence d’un spécimen de bobo fraîchement touché par le besoin de produire lui même sa matière à géraniums. Sachez apprécier la conversation, profitez du phrasé de votre interlocuteur pour entrer en méditation comique et vous ressourcer !

Côté beauté, soin du corps, etc.
– Les poils. Le bobo est en général assez… touffu. Cela se distingue un peu plus chez la femme que chez l’homme grâce aux étalons façonnés par des génération de rédac chef de mag féminins et de pubars (merci les gars ! ;)). C’est centré niveau aisselles et ça peut surprendre. Je ne suis pas un tyran des poils, je constate, c’est tout.

– le déodorant : savez vous par exemple, que le Bobo se colle de la pierre d’Alun sous les aisselles. Parce que c’est naturel, que ça ne colle pas les poils et que ça ne contient pas d’aluminium, comme tous vos déodorants de sur-consommateurs. Sauf qu’en fait, c’est du sulfate d’aluminium et de potassium. Ca reste naturel quoi.

Enfin, rassurez vous pour eux, ils font un peu (beaucoup ?) semblant, aucun d’eux n’a de toilettes sèches dans son appartement parisien ni dans sa maison de vacances en Normandie. Leurs fringues naturelles coûtent deux fois le prix des vôtres, sont fabriquées au Népal par des enfants et ne sont portées que le week-end, pendant les vacances et pour faire chier dans les dîners. Enfin tout ce qui compte dans leur vie c’est bien qu’Enzo et Cléa aient une belle éducation républicaine mais pas trop mixée et loin des ZEP tout de même, hein.

Concrètement, je dirais que le Bobo est non contractuel.
Bisous 😉

*Titre crassement piqué dans un numéro de Femme Actuelle de juin 2013.

 

Tagué , , , , , , ,

Nos plus belles tenues de rupture, 10 conseils pour s’en tirer.

Régulièrement désemparés face à l’accoutrement de nos congénères, il n’est pas dans nos habitudes de leur trouver des excuses. Néanmoins, force est de constater que certaines circonstances pourront à l’avenir nous amener à reconsidérer un peu la question et d’avoir – une fois n’est pas coutume – un regard compatissant envers notre prochain.
La rupture amoureuse* en fait partie.
* Cela ne s’applique en aucun cas aux décès d’animaux de compagnie.

the-big-lebowski

En cas de rupture on le sait, l’individu passe par plusieurs phases. Plusieurs états qui sont autant d’étapes d’un processus qui verra émerger un homme nouveau. C’est parfois long, souvent difficile pour nos yeux sensibles, rien ne sera excusé mais attachons-nous à comprendre : décryptage.

La disparition de l’autre, le choc du manque.
Ce qui nous manque à tous après une rupture, c’est l’autre. Cet être qui nous enserre de ses bras, nous fait rire, celui/celle que l’on emmène dans nos pensées chaque jour, qui nous écoute et que l’on écoute (parfois seulement pour les connards qui lisent ces lignes…) et qui avant tout génère de la chaleur. C’est le premier truc difficile à gérer. Non, pas les discussions à 4h du mat « j’ai besoin de parler ». Non : la chaleur ! Dans ce genre de situation, le congénère traversera toujours une première phase « Peignoir-Caleçon-Chaussettes ». Le chauffage est à 25, accompagné de cernes des plus travaillées et d’un profond désespoir. On grelotte devant la téloche en buvant du Coca zéro (designed for men). On arpente son intérieur à demi-nu, frissonnant et suçotant un morceau de tissu-éponge, en état de choc.

Du peignoir à l’âge adulte.
Premier écueil à éviter dans ces circonstances : la glace. Elle est réservée à la gent féminine qui de son côté de la rupture compense en faisant le plein de calories. On garde son sang-froid et on reste sur les édulcorants The Coca Cola Company.
Ensuite, sortir au plus vite du vieux peignoir d’ado. Vous êtes un homme en âge de réagir et de ne pas vivre une rupture de plus dans ce peignoir défraichi qui sent la fin. Foncez vous racheter du homewear d’urgence. Et si d’aventure l’envie de tissus-éponges est trop forte, suçotez une peluche (plus loin Kiki, il fallait la nommer), c’est plus propre, ça a un petit côté régressif qu’on apprécie. Bonus, ça vous mettra en situation de chialer un bon coup – essayez ça fait du bien – et ça aura le mérite de donner l’alerte à vos potes les moins sensibles : « La vache tu as vu Kevin* ces derniers temps ? Je suis passé chez lui hier il s’est acheté un peignoir en soie et une peluche en éponge qu’il suçote en pleurant, j’crois qu’il vit super mal la rupture avec Kelly*. Faut qu’on fasse un truc, faut qu’on soit là mec ».
*les prénoms ont été modifiés pour préserver l’anonymat des loulous.

La colère : meilleure amie de la solitude.
Après le choc, passablement réchauffé, on fait comme si de rien n’était et bien qu’un peu à côté de nos pompes, tout paraît normal, les insomnies et la « flemme de l’anti-cernes » en moins. On se maintient et celles et ceux qui nous entourent pourraient simplement croire à des soirées pizzas passées à bosser au bureau sur un nouveau projet. Il n’en est rien, vous passerez la nuit à serrer très fort Kiki dans vos bras, en colère, en criant « POURQUOIIII ?! » à qui veut bien l’entendre. Parlant de ça, vos voisins, exténués par des nuits entières à éponger vos sanglots ont chaussé leurs bouchons d’oreilles et élus domicile dans leur salon.
Vous êtes définitivement seul, cette fois c’est bien fini.

Ré-attribution budgétaire, profiter des coupes.
Économisez sur les restos à deux que vous ne faites plus et sur les verres que vous avez du mal à aller boire avec les potes et allez faire un tour à la FNAC (non mec, Virgin c’est fini aussi, arrête de te faire du mal). Achetez, selon vos moyens quelques coffrets de séries (2 minimum, nous y reviendrons). Il vous faut : de l’intrigue, du comique et du long. Préférez les séries avec au moins 3 saisons terminées et 12 épisodes par saisons. Prenez également une x-logie de films d’action genre Die hard, Rambo, Rocky, Jason Bourne, vous pouvez aussi vous passer de la culture mais évitez les efforts trop intenses, pensez à vous ménager. Et ne vous laissez pas aller à la comédie romantique, vous êtes bien placé pour savoir que ça n’existe pas. Arrêtez de vous mentir un peu ça vous fera du bien et ça permettra de faire sécher Kiki car vous en aurez rapidement besoin.

Soubresauts
On se reprend, on se relâche. On se repr… NON, N’ENVOIE PAS CE TEXTO MEC ! Plus jamais, ne plus lui envoyer de textos. Ne pas essayer de l’appeler. On reste calme. Le petit truc dans ce cas c’est de résister très fort et d’envoyer les SMS à votre meilleure amie. Ça vous soulagera et n’aura absolument aucun impact (à partir du moment où cette dernière est prévenue). C’est quand même typiquement la phase ou vous vous pointerez au bureau en charentaise… Pas de panique, c’est normal, vous replongez doucement dans l’horreur.

Femmes des villes et hommes du monde.
Comme une nana des villes sort toujours avec une paire de ballerines de spare dans son sac à main les « jours à talons », en homme du monde, tu garderas une paire de pompes potables et universelles au chaud dans le tiroir de ton bureau « en cas de rupture ».

Kiki !
Il va sans dire que la précédente phase doit impérativement se terminer par le jeté de charentaises dans une benne à ordures, un beau matin de printemps. D’un geste gracieux et détendu, comme un pas de danse. D’ailleurs il s’effectuera en musique le plus souvent. Se reconstruire ça veut avant tout dire partir sur de bonnes bases, ne l’oublions pas.
Après maints rebondissements, ça y est, vous le sentez… Vous êtes au plus bas, au plus profond de la dépression. Anémique, apathique, a-àpeuprèstout et plus agnostique que jamais, il ne se passera strictement rien dans cette phase si vous ne vous y êtes pas préparé en véritable soldat de la lose. C’est à ce moment précis que vous me vous remercierez d’avoir un jour pensé à acheter un deuxième coffret à la FNAC et un nounours en éponge. Il atteint ici le statut de meilleur ami pour la vie.

Reload
Boooon, on y est.
Restez vigilants, cette phase est à bien encadrer.
Mettez sous clefs tous vos déguisements et vos fringues de couleurs trop criardes. Ne gardez que des trucs casual ou middle qui s’assortissent sans trop réfléchir. Du bleu marine, du blanc, du marron, du jean, des tees un peu sympas, une paire de chaussures noires et une paire de sneakers potables. Si vous devez aller bosser en costard, idem, on conserve le bleu et le noir et seulement les chemises blanches pour être sûr de ne pas commettre d’impair. Soyez fort, on vous demandera sûrement si vous allez à un enterrement. Dans ce cas, oubliez Kiki, n’y pensez surtout pas ! Respirez un bon coup et esquivez :  » Non, je ne porte jamais de noir pour les enterrements c’est trop solennel, je pars du principe que je respecte les gens que j’enterre en restant moi-même. » Ouf. Si vous êtes proche du collègue et surtout si c’est Une Collègue, dites simplement : « Ouais, on peut dire ça, j’enterre ma relation avec Kelly j’aime bien les symboles ! » Re-ouf.
Planquez tout le reste car oui, la dépression s’accompagne de phases euphoriques durant lesquelles vous risqueriez de vous tourner en ridicule et de vous sentir très très mal. Soyons francs, vous n’avez pas besoin de ça.

Dernier virage
Oooookay ! Ça va mieux ?
Si mes calculs sont bons, vous venez de recevoir votre salaire. C’est une aubaine voyez-vous, car il va vous falloir un peu de de neuf. Beaucoup même pour vous remettre de ces dernières semaines et être à nouveau présentable.
Comprenez bien la problématique. Le shopping post-rupture doit impérativement faire plaisir, c’est le dernier exutoire. L’objectif est double : décompresser d’un bon budget « achat compulsif » et trouver les perles qui vous permettront de vous démarquer de la concurrence. Eh oui, ça y est, vous êtes encore fébrile mais la prochaine étape sera de vous remettre en tête de gondole du rayon gourmet et targetter de nouveaux partenaires.

Tapis.
Vous le sentez ? Vous commencez à vous refaire, passez chez le coiffeur et chez le barbier, ça vous redonnera un peu de confiance en vous, même si vous n’avez pas l’habitude de porter des moufles. En session shopping – que vous pourrez étaler sur plusieurs semaines, rien ne presse – vous vous divertirez d’un pantalon ou deux, quelques tees sympas et pas trop cher, d’une jolie paire de chaussures et d’un truc qui réchauffe le cœur et la CB comme… Un manteau ou un sac ! Ou si comme plus haut vous êtes un obligé du costume, un bon costard bien cher.

Voilà, vous êtes parés pour sortir à nouveau. Informez votre réseau que vous êtes back car maintenant vous allez avoir envie de rencontrer du monde, de bouger votre boule et de boire des coups.

Mises en gardes à l’attention des amis proches de Kevin.
Suggestion de présentation ne saurait être tenu pour responsable du manque d’hygiène buccale ou plus générale des congénères. Nous pratiquons sur ce blog un coaching lifestyle, en conséquence nous déclinons toute responsabilité sur l’ensemble des autres domaines accompagnants généralement la rupture amoureuse.
Merci de votre compréhension.


Tagué , , , , , , ,

Industrie du sport, la machine outil teutonne a de beaux jours devant elle : introduction.

Vous êtes déjà entrés dans une salle de sport ? Je ne parle pas d’un gymnase, mais bien de ces usines à muscles qui font couler de l’encre et de la sueur.

renforcement-musculaire

Moi non, enfin si, maintenant oui, mais pas avant la semaine dernière. Habituellement je suis plutôt de ceux que l’on voit courir entre les putes le matin ou le soir au Bois de Boulogne. C’est comme ça, j’aime qu’il se passe des trucs autour de moi, comme cette fois où une pute était avec un mec en train de… Non, je vous raconterai une prochaine fois. A plusieurs, le Bois de Boulogne c’est aussi un bon coin pour faire un « Quiz Capotes » avec un de vos pote pendant l’effort. S’agit de regarder par terre et de deviner du plus loin possible la marque de l’emballage que l’on voit sur le chemin ou dans les fourrés. Ça occupe et ça permet de travailler son souffle ! Et n’allez pas croire qu’il n’y a que du Durex et du Manix, allez-y, vous verrez.

Assez bavardé, en salle.

Première foulée.
Tiens ça ne sent pas la sueur, enfin ça va jambonjambonjambon… Il y a la queue à l’accueil, ce qu’on dit est donc vrai, ces mecs sont vraiment en train de truster le sport urbain jambonjambonjambon… Comment ça se passe… ? Alors, ah ok, comme le métro  jambonjambonjambon carte, jambonjambonjambon, tourniquet et en avant ! Ok. Bon, soit, j’ai choisi d’être là, allons jusqu’au bout Jambonjambonjambonjambonjambon… C’est le bruit des machines elliptiques et autres tapis qui tournent ça, un appel à la bouffe, la vie est mal faite.

Bon, c’est clean, les encadrants sont coolos. Niveau sape on y est pas du tout mais… jambonjambonjambon personne n’est là pour ça. Casiers en libre service, à ma droite l’espace échauffement/récupération, jambonjam… Un peu plus loin sur la gauche les elliptiques, jambonjambonjambonjambon et juste derrière les tapis de course. TF1 en boucle, il est 20h, jambonjambonjambon.

Vestiaire homme : en plongée.
Aaaah, voilà, là ça sent bien la sueur et le gel douche à pas cher. L’odeur du sport. Un homme me passe à côté, trempé, nu comme un ver, met 1€ dans un distributeur, appuie sur un bouton, repart aussi sec. La douche est à la pièce, ok.

Ici c’est la boite de Pandore à deux pas du bureau, ça vous rappelle à la fois les vestiaires du lycée, une consigne, les douches d’une piscine, un lavomatique, un RER à l’heure de pointe. Ça cristallise dès le premier regard (Jeanne et Serge, coup de foudre) tous vos meilleurs souvenirs. Le moment est intense mais on mettra un point d’honneur à n’en faire qu’un court instant, à chaque fois !
Bon, se changer, trouver un casier. Voilà, hop, en route.

Le coin des taulards

taulardHiiiich hiiiiich hiiiiiiiiiiiiich Sorti de l’antre de Pandore, l’atmosphère change un peu. Je croise un GO, lui demande où se trouve là salle où mon cours de renforcement musculaire m’attend. Serein, je suis en route. Hiiiich hiiiiich hiiiiiiiiiiiiich, calme hiiiiiiiaaaaaach hiiiiiiiich hiiiiiiich. Je lève un peu la tête et continue ma découverte : espace mu-hiiiiich hiiiiaaaaaaaaaaaaaaach. Musculation, on ne se marre plus, les corps sont tendus, les visages crispés, ça sent la fonte, la prot’ et le whisky coca. Portables dans les poches, des groupes d’hommes se crispent sur des machines de torture. La tension est palpable : ici on Soulève. Hiiiich là bas on discute, on sourit à l’arrivée du petit dernier qui tire péniblement sur ses barres. hiiiiaaaaaaaaaaaaaaach On toise seul ou en bande, on s’interpelle, on s’entraide on se jauge, on s’évalue… L’ambiance est à la balade, un peu comme dans ces films/séries où les ritals affrontent les latinos sur de la terre battue ou du bitume vous voyez le truc ? Bon, en vrai on va tous « à la salle » pour faire du renforcement musculaire hein, pendant que d’autres vont compter les capotes dans le Bois de Boulogne.

Chacun son ghetto. Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiii-chiiiiaaaaaah’

Inscription en poche, il se peut que je revienne assez régulièrement sur le sujet.

Tagué , ,

Ça brille dans le noir et ça pique plus qu’un sapin. C’est, c’est… ?!

Je n’irai pas plus loin dans la référence à la période des fêtes, c’est terminé, tout le monde est remis psychiquement, physiquement, les débordements publics n’entachent plus votre street’cred. On est bons !

D’aussi loin que l’on se souvienne, les strass et les paillettes… Non, en fait on ne se souvient pas du tout d’où nous viennent ces aromates à fringues. Une réminiscence des 80s ? Un arrivage massif de sape depuis les bar à putes US ? Un délire de créateur chinois ? Non, pas la moindre idée.

Tempête de cerveau
On sait que Karl Lagerfeld cultive depuis quelques années une passion pour la défense de la visibilité sur les routes de campagne. Imaginons maintenant ensemble que cette passion ait commencé alors qu’il était jeune adulte…

Oh mon Dieu ! Alors ça viendrait de là ?!

Mais non, rassurez-vous, ce n’est pas lui. Personnellement je salue la « Campagne au Gilet Jaune », mais ça ne veut pas non plus dire qu’on va tout garder chez Karlito ; exemple hors champ :

chanel-mariee

© DR Chanel La mariée Chanel by Karl Lagerfeld

Chez Gaultier on travaille la rayure et le Mâle, Marc Jacobs est hypercentré sur la fringue éponyme et le monogramme. Rien à voir avec notre sujet… Clairement on n’a jamais vu de tailleur à paillette sur une femme – même Boy George n’est pas allé jusque là. Pas de tailleur, ce n’est définitivement pas Saint-Laurent.

Aucune Grande Maison du domaine ne pourrait être tenue pour responsable de tant de reflets. Elles l’exploitent tout de même mais ça passe, le plus souvent, un peu comme la Rolex… Évitons de trop y penser !

Stupeurs et ornements ?
La stupeur, c’est l’état dans lequel on se trouve lorsque subitement dans la rue, un congénère se pointe devant nous vêtu de la sorte, pailleté entre mille. Cette sensation, nous la devons un joaillier strasbourgeois, Georges Frédéric Strass qui l’a mit à la mode en l’an de grâce 1746. En Alsacien, on lui dirait folonthier : Ayo ! Mherci-hein Freidrich ! C’est chantant, n’est-ce pas ?

Passons sur le patois, vous remarquez comme la mode était alléchante à l’approche de la Révolution ? On en parlait plus tôt avec les Sans Culottes, souvenez vous.
Pour ce qui est des paillettes même Internet est muet, comme récusant implicitement leur existence. On y apprend tout au plus qu’elles sont utilisées dans la mode ; la boucle est bouclée.

Devant l’absence d’information, je suis dans l’obligation d’élargir le spectre, bien malgré moi parce que vous allez voir, ce qui suit est tout à fait délicieux.

Champ des possibles
Ornements, brillance, un soupçon de bling²… Ce ne sont pas des diamants mais… mais ?

Des clous ! Eh oui, clous, agrafes, sequins et autres attaches parisiennes, les Grandes Enseignes ne se lassent plus de les semer sur leurs fringues.
Que faire dans ce contexte, alors que nos belles peuvent se la donner fièrement des pieds aux tops ?

Orientation
Si vous aimez quelque peu briller en société, parez vous de vos plus beaux atours. Jouez les accessoires mais stoppez moi rapidos cet engouement pour les brillances. Sauf, une fois de plus, si vous êtes rockeur des 90’s ou gothique, ça fait toujours son effet et j’ai lu je ne sais plus trop où qu’on mesurait le charisme d’un rockeur des ruelles au nombre de clous qu’il portait sur son cuir… !

A quoi ca sert ?
La question reste entière. Cela peut être mignon et faire princesse chez nos amantes mais de notre côté du plumard, on arrête de rêver s’il vous plaît. D’autant que le problème est bien réel, certains de nos bros’ se prennent pour des boules à facettes.

Très cher, voilà ce qui t’attend.

tee-clous-celio

On aime particulièrement le « TM » oublié par le DA symbolisé par 3 punaises… Superbe !

Ce doit être avant tout pour être vu ou alors c’est une forme de pathologie hyper rare dans laquelle le sujet se prend pour un objet… ? D’autant plus rare et classe qu’elle touche les objets des 70’s et que l’on s’attache à briller ?

Malgré quelques étincelles, je ne vois toujours pas.

Rehab
S’il est trop tard, rien de simple pour s’en défaire. Votre imaginaire s’y est fait. Ici c’est un peu comme si votre cerveau embrumé par les vapeurs d’alcool de la veille essayait de croire de nouveau au Père Noël (oops !). Impossible ? Oui.

La solution réside dans le Gilet Jaune. Pas de fixation ici mais, plutôt que de le laisser attaché au siège passager, allez-y, passez-le. Sortez de chez vous ainsi fluorescents. (Pas tous en même temps, MERCI !) Et point d’excuse foireuse ou de contenance en enfourchant votre deux roues, parait qu’on va peut-être y échapper !
Ce sera moche, vous vous sentirez mal à l’aise, d’aucuns se foutront de votre gueule, vous vous détesterez, mais ça aura au moins l’avantage de vous vacciner contre les paillettes et tout ce qui brille inutilement. Un peu comme les NTB vous étouffent avant de vous faire passer le goût de la clope.

Circulez !

Bonus : Boy George en gilet orange ?
Voilà :

boy-george-gilet

Tagué , , , , , , , , , , ,

Le sweat « french fries », faut-il vraiment y aller ?

A l’heure où, j’en suis conscient, serait attendu un récap de l’année 2012 ou un « 2013 en 13 styles », je prends le parti de vous frustrer et enchaîne directement sur ce qui est en train de nous arriver, là, depuis quelques mois.

le-sweat-c-est-frite

Oui, ceci est un sweat shirt !

A peine avons-nous eu le temps de nous présenter, alors même que les articles de fonds sur « quelles foutues pompes caler avec un putain de pantalon en laine » ne sont pas encore publiés, on enchaîne direct sur la prospective. Ouais, prospective, carrément, je prends un mot « Bi-tou-Bi » pour dédramatiser la situation et vous parler de ça :

Frite-plus-sweat-egal

Alors que nos nanas nous rapportent toujours plus de mags remplis de régimes et de mannequins gaulées comme des meufs de 12 ans anorexiques (ok les gars, elles ont 12 ans et sont accros aux coupe-faims !). Alors que les chaînes de lingerie semi-fine nous balancent de l’ado prépubère photoshopée  « Undress [me and theoretically you’ll gonna fuck me] like a princess », l’industrie du sweat envoie du gras. Ça balance de la frite, du burger, des bonbons en tout genre et de la galaxie intersidérale.

On en est là, 2013, les antagonismes sont à leur paroxysme. Le prêt-à-porter devient du fast clothing, l’encre des imprimantes numériques bave le long de nos manches telle la graisse d’un Big Mac le long de nos doigts velus.

Mais pourquoi Diable ?
C’est très simple, nous avons fait du chemin depuis Gutenberg, fraîchement – à l’échelle de l’humanité et de l’âge de ce cher Johannes  (né vers 1400 tout de même) – passés de l’imprimerie à l’imprimante, nous sommes aujourd’hui en mesure d’imprimer tout et n’importe quoi sur presque tout et n’importe quoi ! D’autant qu’en parallèle, on est passé de l’héliographie de Nicéphore à la photographie numérique de salon, voire de poche… Entre temps, y’a aussi eu le téléphone, ABBA, la télé, Jean-Michel Jarre, Téléphone, Internet, les chatons, le porno, les frites, one man one jar, encore les chatons et les fast foods.

Ce qui fait qu’aujourd’hui, tout est possible. Et ça donne des mecs comme nous qui n’ont plus rien d’autre à foutre que de savoir comment ils vont se saper ; écrivent des blogs, mettent de la crème anticernes, prennent des photos de leurs repas avec leurs téléphones, matent du Pr0n et des chatons, montent des boîtes et pensent à peu près comme ça :
« Hey les mecs, pour la nouvelle collection de sweats 2013 là, j’ai eu une idée hier en prenant en photo ma grande frite. On va imprimer des gros plans de bouffe dessus genre plein format, pas les transferts dégueulasses au fer à repasser des 90’s, non, non, pleine balle. On va commencer avec une photo de frites au four, ça va dépoutrer une mule ! »

Et voilà. Vous voyez, quand on prend un peu de recul et qu’on explique les choses, on comprend pourquoi, donc, le sweat « french fries ». Et si vous vous creusez un peu, vous verrez qu’à peu près toute l’Histoire amène au « sweat frites »*.

Ouais mais alors, on fait quoi ?
Alors là les mecs, pour le coup, la règle est fébrile comme une veille de grippe intestinale ; il faut le sentir avant tout.
Pour le reste, ce qu’il vous faut :

  1. Être à l’aise avec votre corps, votre démarche, vous aimer un minimum quoi.
  2. Ne pas avoir peur du second degré car vous devez ABSOLUMENT le prendre de cette manière, si vous l’osez.
  3. Avoir un peu de thunes : compter environ 50€ pour un sweat blague, faut se le permettre.
  4. Avoir une base de style qui colle :
  • Soit en lien direct : vous portez du fluo et du multicolore depuis 1000 ans déjà (qu’est-ce que vous foutez-là ? DEHORS !).
  • Ou qui le permet : vous n’êtes pas du genre sapé Full-Grandes-Enseignes : c’est bon.

Eh oui, la cohérence a de l’importance, car en matière de style, comme en aventures sexuelles, le secret réside dans le bon dosage d’audace et de surprise, tout en veillant à ne pas choquer ses partenaires : ici les gens qui vous voient. Ne négligez donc pas les préliminaires !

Si vous n’êtes pas dans une journée « frite », vous pourrez toujours faire öner aux animaux plein formats ou aux galaxies intersidérales (la même que sur les collants qu’on voit dans Public et sur le bureau de votre MacBook, oué).

Salade, tomate, oignons ?!

Billions years ago, before Internet, before Mc Donalds, before smartphones and Jesus, man was frozen and hungry… » Vous voyez !

Tagué , , , , , , , , ,