Archives Mensuelles: janvier 2013

Industrie du sport, la machine outil teutonne a de beaux jours devant elle : introduction.

Vous êtes déjà entrés dans une salle de sport ? Je ne parle pas d’un gymnase, mais bien de ces usines à muscles qui font couler de l’encre et de la sueur.

renforcement-musculaire

Moi non, enfin si, maintenant oui, mais pas avant la semaine dernière. Habituellement je suis plutôt de ceux que l’on voit courir entre les putes le matin ou le soir au Bois de Boulogne. C’est comme ça, j’aime qu’il se passe des trucs autour de moi, comme cette fois où une pute était avec un mec en train de… Non, je vous raconterai une prochaine fois. A plusieurs, le Bois de Boulogne c’est aussi un bon coin pour faire un « Quiz Capotes » avec un de vos pote pendant l’effort. S’agit de regarder par terre et de deviner du plus loin possible la marque de l’emballage que l’on voit sur le chemin ou dans les fourrés. Ça occupe et ça permet de travailler son souffle ! Et n’allez pas croire qu’il n’y a que du Durex et du Manix, allez-y, vous verrez.

Assez bavardé, en salle.

Première foulée.
Tiens ça ne sent pas la sueur, enfin ça va jambonjambonjambon… Il y a la queue à l’accueil, ce qu’on dit est donc vrai, ces mecs sont vraiment en train de truster le sport urbain jambonjambonjambon… Comment ça se passe… ? Alors, ah ok, comme le métro  jambonjambonjambon carte, jambonjambonjambon, tourniquet et en avant ! Ok. Bon, soit, j’ai choisi d’être là, allons jusqu’au bout Jambonjambonjambonjambonjambon… C’est le bruit des machines elliptiques et autres tapis qui tournent ça, un appel à la bouffe, la vie est mal faite.

Bon, c’est clean, les encadrants sont coolos. Niveau sape on y est pas du tout mais… jambonjambonjambon personne n’est là pour ça. Casiers en libre service, à ma droite l’espace échauffement/récupération, jambonjam… Un peu plus loin sur la gauche les elliptiques, jambonjambonjambonjambon et juste derrière les tapis de course. TF1 en boucle, il est 20h, jambonjambonjambon.

Vestiaire homme : en plongée.
Aaaah, voilà, là ça sent bien la sueur et le gel douche à pas cher. L’odeur du sport. Un homme me passe à côté, trempé, nu comme un ver, met 1€ dans un distributeur, appuie sur un bouton, repart aussi sec. La douche est à la pièce, ok.

Ici c’est la boite de Pandore à deux pas du bureau, ça vous rappelle à la fois les vestiaires du lycée, une consigne, les douches d’une piscine, un lavomatique, un RER à l’heure de pointe. Ça cristallise dès le premier regard (Jeanne et Serge, coup de foudre) tous vos meilleurs souvenirs. Le moment est intense mais on mettra un point d’honneur à n’en faire qu’un court instant, à chaque fois !
Bon, se changer, trouver un casier. Voilà, hop, en route.

Le coin des taulards

taulardHiiiich hiiiiich hiiiiiiiiiiiiich Sorti de l’antre de Pandore, l’atmosphère change un peu. Je croise un GO, lui demande où se trouve là salle où mon cours de renforcement musculaire m’attend. Serein, je suis en route. Hiiiich hiiiiich hiiiiiiiiiiiiich, calme hiiiiiiiaaaaaach hiiiiiiiich hiiiiiiich. Je lève un peu la tête et continue ma découverte : espace mu-hiiiiich hiiiiaaaaaaaaaaaaaaach. Musculation, on ne se marre plus, les corps sont tendus, les visages crispés, ça sent la fonte, la prot’ et le whisky coca. Portables dans les poches, des groupes d’hommes se crispent sur des machines de torture. La tension est palpable : ici on Soulève. Hiiiich là bas on discute, on sourit à l’arrivée du petit dernier qui tire péniblement sur ses barres. hiiiiaaaaaaaaaaaaaaach On toise seul ou en bande, on s’interpelle, on s’entraide on se jauge, on s’évalue… L’ambiance est à la balade, un peu comme dans ces films/séries où les ritals affrontent les latinos sur de la terre battue ou du bitume vous voyez le truc ? Bon, en vrai on va tous « à la salle » pour faire du renforcement musculaire hein, pendant que d’autres vont compter les capotes dans le Bois de Boulogne.

Chacun son ghetto. Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiii-chiiiiaaaaaah’

Inscription en poche, il se peut que je revienne assez régulièrement sur le sujet.

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Ça brille dans le noir et ça pique plus qu’un sapin. C’est, c’est… ?!

Je n’irai pas plus loin dans la référence à la période des fêtes, c’est terminé, tout le monde est remis psychiquement, physiquement, les débordements publics n’entachent plus votre street’cred. On est bons !

D’aussi loin que l’on se souvienne, les strass et les paillettes… Non, en fait on ne se souvient pas du tout d’où nous viennent ces aromates à fringues. Une réminiscence des 80s ? Un arrivage massif de sape depuis les bar à putes US ? Un délire de créateur chinois ? Non, pas la moindre idée.

Tempête de cerveau
On sait que Karl Lagerfeld cultive depuis quelques années une passion pour la défense de la visibilité sur les routes de campagne. Imaginons maintenant ensemble que cette passion ait commencé alors qu’il était jeune adulte…

Oh mon Dieu ! Alors ça viendrait de là ?!

Mais non, rassurez-vous, ce n’est pas lui. Personnellement je salue la « Campagne au Gilet Jaune », mais ça ne veut pas non plus dire qu’on va tout garder chez Karlito ; exemple hors champ :

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© DR Chanel La mariée Chanel by Karl Lagerfeld

Chez Gaultier on travaille la rayure et le Mâle, Marc Jacobs est hypercentré sur la fringue éponyme et le monogramme. Rien à voir avec notre sujet… Clairement on n’a jamais vu de tailleur à paillette sur une femme – même Boy George n’est pas allé jusque là. Pas de tailleur, ce n’est définitivement pas Saint-Laurent.

Aucune Grande Maison du domaine ne pourrait être tenue pour responsable de tant de reflets. Elles l’exploitent tout de même mais ça passe, le plus souvent, un peu comme la Rolex… Évitons de trop y penser !

Stupeurs et ornements ?
La stupeur, c’est l’état dans lequel on se trouve lorsque subitement dans la rue, un congénère se pointe devant nous vêtu de la sorte, pailleté entre mille. Cette sensation, nous la devons un joaillier strasbourgeois, Georges Frédéric Strass qui l’a mit à la mode en l’an de grâce 1746. En Alsacien, on lui dirait folonthier : Ayo ! Mherci-hein Freidrich ! C’est chantant, n’est-ce pas ?

Passons sur le patois, vous remarquez comme la mode était alléchante à l’approche de la Révolution ? On en parlait plus tôt avec les Sans Culottes, souvenez vous.
Pour ce qui est des paillettes même Internet est muet, comme récusant implicitement leur existence. On y apprend tout au plus qu’elles sont utilisées dans la mode ; la boucle est bouclée.

Devant l’absence d’information, je suis dans l’obligation d’élargir le spectre, bien malgré moi parce que vous allez voir, ce qui suit est tout à fait délicieux.

Champ des possibles
Ornements, brillance, un soupçon de bling²… Ce ne sont pas des diamants mais… mais ?

Des clous ! Eh oui, clous, agrafes, sequins et autres attaches parisiennes, les Grandes Enseignes ne se lassent plus de les semer sur leurs fringues.
Que faire dans ce contexte, alors que nos belles peuvent se la donner fièrement des pieds aux tops ?

Orientation
Si vous aimez quelque peu briller en société, parez vous de vos plus beaux atours. Jouez les accessoires mais stoppez moi rapidos cet engouement pour les brillances. Sauf, une fois de plus, si vous êtes rockeur des 90’s ou gothique, ça fait toujours son effet et j’ai lu je ne sais plus trop où qu’on mesurait le charisme d’un rockeur des ruelles au nombre de clous qu’il portait sur son cuir… !

A quoi ca sert ?
La question reste entière. Cela peut être mignon et faire princesse chez nos amantes mais de notre côté du plumard, on arrête de rêver s’il vous plaît. D’autant que le problème est bien réel, certains de nos bros’ se prennent pour des boules à facettes.

Très cher, voilà ce qui t’attend.

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On aime particulièrement le « TM » oublié par le DA symbolisé par 3 punaises… Superbe !

Ce doit être avant tout pour être vu ou alors c’est une forme de pathologie hyper rare dans laquelle le sujet se prend pour un objet… ? D’autant plus rare et classe qu’elle touche les objets des 70’s et que l’on s’attache à briller ?

Malgré quelques étincelles, je ne vois toujours pas.

Rehab
S’il est trop tard, rien de simple pour s’en défaire. Votre imaginaire s’y est fait. Ici c’est un peu comme si votre cerveau embrumé par les vapeurs d’alcool de la veille essayait de croire de nouveau au Père Noël (oops !). Impossible ? Oui.

La solution réside dans le Gilet Jaune. Pas de fixation ici mais, plutôt que de le laisser attaché au siège passager, allez-y, passez-le. Sortez de chez vous ainsi fluorescents. (Pas tous en même temps, MERCI !) Et point d’excuse foireuse ou de contenance en enfourchant votre deux roues, parait qu’on va peut-être y échapper !
Ce sera moche, vous vous sentirez mal à l’aise, d’aucuns se foutront de votre gueule, vous vous détesterez, mais ça aura au moins l’avantage de vous vacciner contre les paillettes et tout ce qui brille inutilement. Un peu comme les NTB vous étouffent avant de vous faire passer le goût de la clope.

Circulez !

Bonus : Boy George en gilet orange ?
Voilà :

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Le sweat « french fries », faut-il vraiment y aller ?

A l’heure où, j’en suis conscient, serait attendu un récap de l’année 2012 ou un « 2013 en 13 styles », je prends le parti de vous frustrer et enchaîne directement sur ce qui est en train de nous arriver, là, depuis quelques mois.

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Oui, ceci est un sweat shirt !

A peine avons-nous eu le temps de nous présenter, alors même que les articles de fonds sur « quelles foutues pompes caler avec un putain de pantalon en laine » ne sont pas encore publiés, on enchaîne direct sur la prospective. Ouais, prospective, carrément, je prends un mot « Bi-tou-Bi » pour dédramatiser la situation et vous parler de ça :

Frite-plus-sweat-egal

Alors que nos nanas nous rapportent toujours plus de mags remplis de régimes et de mannequins gaulées comme des meufs de 12 ans anorexiques (ok les gars, elles ont 12 ans et sont accros aux coupe-faims !). Alors que les chaînes de lingerie semi-fine nous balancent de l’ado prépubère photoshopée  « Undress [me and theoretically you’ll gonna fuck me] like a princess », l’industrie du sweat envoie du gras. Ça balance de la frite, du burger, des bonbons en tout genre et de la galaxie intersidérale.

On en est là, 2013, les antagonismes sont à leur paroxysme. Le prêt-à-porter devient du fast clothing, l’encre des imprimantes numériques bave le long de nos manches telle la graisse d’un Big Mac le long de nos doigts velus.

Mais pourquoi Diable ?
C’est très simple, nous avons fait du chemin depuis Gutenberg, fraîchement – à l’échelle de l’humanité et de l’âge de ce cher Johannes  (né vers 1400 tout de même) – passés de l’imprimerie à l’imprimante, nous sommes aujourd’hui en mesure d’imprimer tout et n’importe quoi sur presque tout et n’importe quoi ! D’autant qu’en parallèle, on est passé de l’héliographie de Nicéphore à la photographie numérique de salon, voire de poche… Entre temps, y’a aussi eu le téléphone, ABBA, la télé, Jean-Michel Jarre, Téléphone, Internet, les chatons, le porno, les frites, one man one jar, encore les chatons et les fast foods.

Ce qui fait qu’aujourd’hui, tout est possible. Et ça donne des mecs comme nous qui n’ont plus rien d’autre à foutre que de savoir comment ils vont se saper ; écrivent des blogs, mettent de la crème anticernes, prennent des photos de leurs repas avec leurs téléphones, matent du Pr0n et des chatons, montent des boîtes et pensent à peu près comme ça :
« Hey les mecs, pour la nouvelle collection de sweats 2013 là, j’ai eu une idée hier en prenant en photo ma grande frite. On va imprimer des gros plans de bouffe dessus genre plein format, pas les transferts dégueulasses au fer à repasser des 90’s, non, non, pleine balle. On va commencer avec une photo de frites au four, ça va dépoutrer une mule ! »

Et voilà. Vous voyez, quand on prend un peu de recul et qu’on explique les choses, on comprend pourquoi, donc, le sweat « french fries ». Et si vous vous creusez un peu, vous verrez qu’à peu près toute l’Histoire amène au « sweat frites »*.

Ouais mais alors, on fait quoi ?
Alors là les mecs, pour le coup, la règle est fébrile comme une veille de grippe intestinale ; il faut le sentir avant tout.
Pour le reste, ce qu’il vous faut :

  1. Être à l’aise avec votre corps, votre démarche, vous aimer un minimum quoi.
  2. Ne pas avoir peur du second degré car vous devez ABSOLUMENT le prendre de cette manière, si vous l’osez.
  3. Avoir un peu de thunes : compter environ 50€ pour un sweat blague, faut se le permettre.
  4. Avoir une base de style qui colle :
  • Soit en lien direct : vous portez du fluo et du multicolore depuis 1000 ans déjà (qu’est-ce que vous foutez-là ? DEHORS !).
  • Ou qui le permet : vous n’êtes pas du genre sapé Full-Grandes-Enseignes : c’est bon.

Eh oui, la cohérence a de l’importance, car en matière de style, comme en aventures sexuelles, le secret réside dans le bon dosage d’audace et de surprise, tout en veillant à ne pas choquer ses partenaires : ici les gens qui vous voient. Ne négligez donc pas les préliminaires !

Si vous n’êtes pas dans une journée « frite », vous pourrez toujours faire öner aux animaux plein formats ou aux galaxies intersidérales (la même que sur les collants qu’on voit dans Public et sur le bureau de votre MacBook, oué).

Salade, tomate, oignons ?!

Billions years ago, before Internet, before Mc Donalds, before smartphones and Jesus, man was frozen and hungry… » Vous voyez !

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