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Trousse à pharmacie anti Bobos – après Femme Actuelle*

A n’emprunter que les routes de campagne type communales à vélo ou à mobylette pour descendre s’isoler dans milieu de la Creuse ou sur le plateau du Larzac, les Bobos sont les grands oubliés de l’été. Mais gare au retour de poncho car dans quelques semaines ce sera la rentrée pour tout le monde…
Comment donc, continuer à garder ses distances avec la faune-de-chanvre urbaine ?

Impossible de les croiser, ils ont passé tout l’été derrière les buissons, lorsque vous marchiez – comme tout le monde – sur les sentiers battus. Car oui, lorsque vient l’été, le Bobo prend le maquis. Et c’est peu dire, il se planque, se claquemure dans un endroit bien désert avec pour seul but de picorer pépère des pommes pleines de vers tout en soignant son empreinte carbone.
Après bientôt 2 mois à vous languir en regardant votre flux Instagram, c’est bientôt à votre tour de partir vous la dorer au soleil.

… On est bien là, hein ?!

Ok. Mais dans quelques semaines ce sera la rentrée. Pour tout le monde. Le grand retour. La « fin des vacances d’été pour tous les français » (je prédis les citations de JP Pernaut maintenant, gaffe !).

Une seule question vous tiraille donc le bidon à cette heure : comment ne pas combler ce vide, comment les éviter encore, toute l’année ? Comment ne pas subir les relents de patchouli ? Comment résister à leur balancer une avoine lorsqu’ils parlent de la misère du monde en clapotant sur leur Mac ? Ou encore, comment ne plus vous laisser tenter par un thé vert authentique qui à couté 3000 paires de pompes Nike à la planète ?

Quelques conseils pour tenir le siège…

Travailler votre « fibre naturelle ».
Le premier signal faible, ce sont les espadrilles portées en dehors de la plage. Je précise signal faible car il est inexploitable indépendamment d’autres signaux. Les vêtements en fibres naturelles sont de vrais bon signaux en général. Mais cela nécessite une bonne préparation.

Comment bien reconnaître un vêtement en fibre naturelle ? C’est assez simple. Pour commencer, il existe trois fibres naturelles vraiment en vogue et qui se distinguent du coton : le chanvre, le bambou et la toile de jute.

– Le chanvre : il peut servir à faire plein de trucs, dont des fringues. En général la fibre est assez grossière et rugueuse au toucher. D’aspect verdâtre elle pourra être teinte de couleurs (trop souvent) criardes : orange, rouge de chine, bleu… Les qualités textiles du chanvre sont surtout reconnues pour les cordages. C’est Colbert, en France, qui s’est soucié le premier de ce coefficient diamètre/charge de rupture. On lui doit une corderie royale capable de confectionner des cordages de plus de 20cm de diamètre et d’une encablure de long. Merci JB !

– Le bambou : là aussi comme le chanvre, les usages sont multiples. On reconnaitra particulièrement le rôle du bambou dans la construction : échafaudages, renforts, etc. impossibles avec le chanvre. Côté textile, le bambou est souvent bien plus agréable que le chanvre, plus doux, plus soyeux. Ca peut être franchement pas mal quand c’est bien fait mais c’est rare.

A la différence du Chanvre, on ne pourra toutefois pas se fumer la manche un jour de grande dèche !

– La toile de jute : recommandée dans la conception de sacs ou de filets qui seront parfaits pour aller faire les courses, ranger les patates, sortir des gravats, etc. Attention, ça gratte plus que la laine ! La jute est aussi le textile bio le plus précaire car elle bénéficie depuis 2002 d’un comité de soutien international, le « Groupe d’étude international du jute » chargé de la promo du bordel. Ca claque tout de même un brin.

On sera donc vigilant sur 5 aspects : la douceur, la grosseur de la maille, la résistance et la teinte.

Distinguer le patchouli de l’odeur de marijuana (c’est parfois lié mais pas systématiquement).
Je m’en remet à la définition de Wikipédia : « le patchouli possède une odeur puissante, à la fois boisée, terreuse et sèche avec des accents fumés, camphrés, liquoreux et même moisis. » Edifiant.

Eviter certains sujets ou les utiliser pour recouper l’info.
– Le port du bébé : On le sait, on dispose aujourd’hui de tout un tas d’accessoires qui servent aussi de signes extérieurs de richesse à tout parent urbain. On pourra donc dès son plus jeune âge, acheter un coupé-cabriolet-4×4 avec double frein à disque en fonte à notre progéniture pour se la péter (et se péter le dos) dans le métro. A cela, le bobo rétorque fièrement un NON vindicatif et se pare de sa plus belle étole en fibre naturelle pour porter son bébé à l’africaine, savamment attaché dans le dos. L’équivalent capillaire du rasta blanc…

– le recyclage des déchets : si vous êtes dans un dîner urbain et que l’on commence à vous parler lombrics et compost, vous êtes surement en présence d’un spécimen de bobo fraîchement touché par le besoin de produire lui même sa matière à géraniums. Sachez apprécier la conversation, profitez du phrasé de votre interlocuteur pour entrer en méditation comique et vous ressourcer !

Côté beauté, soin du corps, etc.
– Les poils. Le bobo est en général assez… touffu. Cela se distingue un peu plus chez la femme que chez l’homme grâce aux étalons façonnés par des génération de rédac chef de mag féminins et de pubars (merci les gars ! ;)). C’est centré niveau aisselles et ça peut surprendre. Je ne suis pas un tyran des poils, je constate, c’est tout.

– le déodorant : savez vous par exemple, que le Bobo se colle de la pierre d’Alun sous les aisselles. Parce que c’est naturel, que ça ne colle pas les poils et que ça ne contient pas d’aluminium, comme tous vos déodorants de sur-consommateurs. Sauf qu’en fait, c’est du sulfate d’aluminium et de potassium. Ca reste naturel quoi.

Enfin, rassurez vous pour eux, ils font un peu (beaucoup ?) semblant, aucun d’eux n’a de toilettes sèches dans son appartement parisien ni dans sa maison de vacances en Normandie. Leurs fringues naturelles coûtent deux fois le prix des vôtres, sont fabriquées au Népal par des enfants et ne sont portées que le week-end, pendant les vacances et pour faire chier dans les dîners. Enfin tout ce qui compte dans leur vie c’est bien qu’Enzo et Cléa aient une belle éducation républicaine mais pas trop mixée et loin des ZEP tout de même, hein.

Concrètement, je dirais que le Bobo est non contractuel.
Bisous 😉

*Titre crassement piqué dans un numéro de Femme Actuelle de juin 2013.

 

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