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Pourquoi le pantacourt met le feu… Au plancher ?

Admis depuis notre plus tendre enfance, disons l’école primaire, chez nos amies du genre d’à côté, le pantacourt pour homme créé des tensions.

Steve-pantacourt

Nous sommes loin du « pour ou contre le col Claudine ? » ou « Chaussure de ville ou basket ? ». Ici la déchirure n’est pas banale. Tranchée, elle fait mal, presque anale (pour faire écho à la petite enfance, les freudiens suivront !).

Mais d’abord, d’où nous vient cette mode ?
On ne va pas ressasser tout ce qu’on a déjà entendu sur le sujet. Oui, bien sûr, les Clash en portaient à la belle époque, ils faisaient des ourlets à leurs slims pour qu’on voit bien leurs maléoles. Les Beatles ont aussi dû en porter… Bon, voilà.
La vérité sur le truc c’est que ça vient de bien plus loin, genre XVIIIe siècle quoi, vachement loin. En terme de look, à l’époque les mecs avaient du maquillage et tout. Il se trouve que les aristos du moment portaient la culotte, le pantalon court : mi-mollet, avec des sortes de guêtres en dentelle à la suite ou des bas blancs, en général. Je vous détaille pas plus, vous êtes tous allé voir la comédie musicale 1789 les amants de la bastille ? Ça c’est la culotte, aristo donc.
Pendant ce temps là les vrais travailleurs eux, portaient le pantalon, long… Du coup l’habit court était bien bien marqué socialement. Ensuite, vers la fin du siècle, les contestataires se sont paré de pantalons pendant la révolution ; ce qui leur vaudra le surnom de « Sans-Culottes ». De fait ça accentue le truc.
Depuis lors, le pantacourt, c’est un peu comme la soutane, c’est pas super facile à porter sans convictions.

Eh ouep, pour une fois on est remonté un peu loin. Mais ca nous explique pourquoi l’absence de tissus entre le mollet et le pied cristallise autant de tensions à nos terrasses de café. C’est pas le tout mais on a deux siècles de livres d’histoire dans le nez, sans compter les films à la con, les comédies musicales… Ça agite notre cerveau reptilien. Bon.

Du coup, je fais l’impasse sur le style anglais, le rock, le dandy, preppy, tout ça. La mode est un éternel recommencement, ça passe donc un peu par toutes les époques et une fois passé, ça revient. Un peu comme un bouton de fièvre… Peu importe.

Revenons sur la vraie question du pantacourt qui est, vous l’aurez compris, une question de taille !
Eh ouais les gars, nous avons bien là un vrai problème de taille. Et cette fois ci – n’en déplaise à nos rassurantes compagnes – elle compte !

Petit précis de longueur pour les habits du bas :

  • Le caleçon. Sous vêtement, mec. On ne sort pas dans la rue attifé comme ça, à moins d’être une anglaise pre-pubère ou un exhib. On se couvre ou on oublie de suite !
  • Le short. A moins d’être en plein effort à « La Salle » ou sportif sponso, idem : au vestiaire.
  • Le bermuda. Pour les sorties dans les bois ou si vous êtes explorateur. À la limite dans des cas extrêmes on agrémentera de poches superflues au niveau des cuisses. Ou pour les cyclistes, l’accessoire de l’année c’est quand même le vélo, on peut donc passer un certain nombre de trucs sous couvert de « vêtements techniques » !
  • Le corsaire. Non, rien a voir avec les pirates (vous êtes saoulants parfois hein !). On est situé juste en dessous du genou là ! Aucun intérêt, même les nanas le boudent.
  • Le pantacourt, qui fait donc débat et qui s’affiche clairement mi-mollet.
  • Le feu de plancher, que l’on appellera aussi sept-huitième (point vocabulaire !) qui est acceptable. Eh oui, messieurs, nos guiboles sont découpées en huit, le saviez vous ?
  • Enfin le pantalon, classic et sans risque quoiqu’un peu près du peuple, limite révolutionnaire (y’en a qui suivent, merci !).
  • Et le panta-surlong, celui qu’on traine dans les caniveaux et sur lequel on marche inlassablement… Si vous y pensez c’est qu’il y a des restes d’adolescent en vous. On en reparlera. Perso moi, le fait même d’aller aussi loin dans ma liste me dépasse !

Vous l’aurez remarqué, tout va bien mieux après un petit cours de vocabulaire. Je vous sens plus détendus. Ceux qui aiment et qui en portent ont le petit sourire narquois de ceux qui savaient qu’ils ne se plantaient pas. Et ceux qui récusent le pantacourt depuis deux saisons se trouvent un peu cons.
En vérité, je pense que le pantacourt met tout le monde d’accord, on est ni au XVIIIe, ni aristo ni complètement débile donc on est contre ! Pour ce qui est du 7/8eme, là franchement c’est chacun son truc. Mais ATTENTION, si vous y allez, on ne remonte pas trop haut, jamais plus de 4 doigts au dessus de la maléole. Je ne parle pas de chaussettes ou je vais me mettre des claques tout seul.
Niveau pompes, visez des bateaux (ouais, ca fait mec qui fait de la voile mais faut savoir ce qu’on veut) ça passe aussi avec de la derby de base, ça peut aussi se porter avec des petites chaussures en toile genre Ben Simon/All Star ou alors on sort la grosse godasse montante en cuir qu’on laisse ouverte avec la languette qui se laisse péniblement tomber sur le devant de la chaussure, tel un pénis sur le retour.

Pour les petits loups qui pensent très fort « et le sarouel alors ? » au fond d’eux même, là aussi cherchez bien, il y a de l’ado en vous ! On se rassure, le sarouel reste hors catégorie, il repose définitivement sur d’autres valeurs car sa mesure se fait à l’entrejambe. Perso, chaque fois que j’en vois un ça me fait penser à ma grand mère qui disait souvent : « Plus la culotte est large, plus l’homme est fort ! ». Je n’ai toujours pas bien compris cette expression…

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